Attroupés à la place d’arme de l’État-major à Abidjan, des centaines de militaires, en tenue de sport, attendaient vendredi à 06h30 (GMT et locale), le départ d’une séance de footing en compagnie de la sprinteuse ivoirienne Marie-Josée Ta Lou, leur hôte de marque.

C’est sous un vent frais et humide que des militaires ivoiriens se sont rassemblés pour une course à l’occasion de la journée de cohésion sociale organisée par le ministère de la Défense.

Les autorités militaires tenaient à rendre hommage à la championne ivoirienne de 28 ans, à l’occasion d’une journée de cohésion de l’armée, la deuxième du genre depuis la nomination en juillet 2017 de Hamed Bakayoko au poste de ministre de la Défense.

“Je dois bien faire m’étirer avant de commencer la course car aujourd’hui c’est une sprinteuse qui est avec nous”, lance un militaire, en plein échauffement.

Vêtue d’un tee-shirt orange, une des trois couleurs du drapeau ivoirien, et une paire de chaussures Nike au pieds, Ta Lou, la mine radieuse, présidait la séance d’échauffement de quelques minutes, dans une ambiance décontractée et gaie, rehaussé par des variétés sonores ivoiriennes.

“Je suis un peu épuisé, elle est trop rapide comme sur les pistes de courses”, confesse, haletant et riant, un colosse soldat au teint d’ébène.

Les militaires ne pouvaient s’empêcher d’esquisser des pas de danse au rythme de la musique distillée sur la place.

Après une dizaine de minutes d’échauffement, l’Abidjanaise, l’hymne national ivoirien, retentissait pour le salut au drapeau, mais surtout “pour faire honneur” à la double médaillée d’argent sur 100 et 200m des mondiaux d’athlétisme de Londres 2017.

Pour Marie-Josée Ta Lou, les larmes de tristesse aux Jeux Olympiques de Rio 2016, où elle a terminé par deux fois à la 4e place sur 100 et 200m, ont fait place aux larmes de joie à Londres, où elle a manqué de très peu de devenir la première africaine à remporter l’Or .

“Ce n’est pas donné à tout le monde d’être reçu par l’armée, je suis contente d’être là et il y a eu l’Abidjanaise pour moi”, Ta Lou le regard pétillant de fierté, du haut de son mètre 59.

Sur la ligne de départ, pistolet en main, Marie-Josée, retient son souffle sous les encouragements des soldats, au moment de donner le coup d’envoi de la séance de footing.

“N’ai pas peur, suis seulement les instructions”, la rassuraient des soldats présents à ses côtes.

Le coup de feu tiré par la sprinteuse donnait le top départ de la course, sous un crépitement d’applaudissements.

Aux environs de 08H30 (GMT et locale), la championne ivoirienne qui devait être reçue quelques heures plus tard par le chef de l’Etat Alassane Ouattara, pris congé des soldats.
HAN/Alerte Info