Procès Gbagbo/CPI

Le témoignage de l’ex-patron de l’armée ivoirienne, le général Mangou, passe mal dans le camp Gbagbo (PAPIER D’ANGLE)

L’ex chef d’état major de l’armée ivoirienne, le général Philippe Mangou

Photo d'archive

Le général Philippe Mangou témoigne depuis lundi à la barre de la Cour pénale internationale (CPI) dans le procès de Laurent Gbagbo. Les révélations de l’ancien patron de l’armée ivoirienne sur la crise post-électorale passent mal dans le camp de l’ex-chef de l’Etat dont des partisans rivalisent d’adjectifs injurieux sur la toile pour discréditer l’officier.

La déposition du général, considéré comme le témoin-clé de l’accusation dans ce procès, était très attendue. Mais deux jours après son début, elle apparaît déjà comme une douche froide pour les partisans de M. Gbagbo dont certains affichaient pourtant lundi, à l’issue de la première audience, une satisfaction non feinte.

Rassurés qu’ils étaient par une première journée de témoignage au cours de laquelle le général avait plutôt semblé vouloir régler de vieux comptes avec d’autres officiers du haut commandement de l’armée au moment de la crise post-électorale et épargner les deux accusés : M. Gbagbo et son ex-ministre de la Jeunesse Charles Blé Goudé.

“C’est moi qui ai proposé qu’Abobo soit déclaré zone de guerre, ce que le président a refusé’’, avait soutenu lundi Mangou. Pour certains partisans du chef de l’Etat, une telle déclaration augurait assurément de lendemains qui chantent dans ce procès.

“Gbagbo n’a pas accepté qu’Abobo soit déclaré zone de guerre. Il n’est pas le criminel qu’on veut faire croire’’, s’enthousiasmait une internaute sur facebook lundi. Comme lui, les partisans de l’ex-chef de l’Etat s’attendaient certainement à ce que le général blanchisse en tout point de vue leur champion.

“Nous espérons que le général Mangou restera dans la tendance de la vérité pour continuer à dire la vérité rien que la vérité. Car le président Gbagbo est un homme extraordinaire incapable de tuer une mouche’’, écrivait un autre, Gala Kolebi, cyberactiviste, farouche partisan de l’ancien président.

Deux jours après, la satisfaction s’est estompée et son témoignage semble avoir pris un goût amer de soupe à la grimace.

Pour avoir été un acteur majeur de la crise postélectorale, il en savait et s’est laissé aller à des révélations dont se serait bien passer le camp de l’ancien président. Morceaux choisis : “J’ai encouragé le président Gbagbo à démissionner’’, “J’ai vu à la résidence présidentielle des mercenaires superbement armés conduits par le Commandant Anselme Seka’’, aide de camp de l’ex-première dame Simone Gbagbo, “Ma résidence a été attaquée et j’ai été informé le président Gbagbo mais je n’ai pas eu un seul mot de compassion de mon chef’’.

Pour la presse proche de l’ancien pouvoir d’Abidjan et ses partisans, sur la toile, il n’en faut pas plus pour descendre en flammes le général qualifié de tous les adjectifs dévalorisants. Sous le feu des critiques, l’ancien Chef d’état-major des armées a même été rebaptisé “Mangouste’’ (au lieu de Mangou), du nom du petit mammifère, par des internautes.

“Mangouste, le général trouillard est devenu amnésique…’’, écrit Zoro Zan Bi. Pour Jeff Lintrepide, “le témoignage de Mangou est honteux et scandaleux’’ et même pire “il donne la nausée’’.

Dans un long décryptage du témoignage du général, sur facebook, l’ancien journaliste de la télévision nationale (RTI), Hermann Aboa, en exil aux Etats-Unis,  conclut que Philippe Mangou est “moins qu’un traite’’ et “pire qu’un lâche’’.

L’ancienne animatrice télé et actrice de cinéma, Hanny Tchelley, autre soutien de M. Gbagbo et M. Blé Goudé qu’elle visite régulièrement à La Haye, y va de sa salve: “cet homme bombardé général en un temps record, fait vraiment honte ! Un vrai plaisantin atteint de diarrhée verbale ! Un général félon, sans honneur !’’ .

La presse “bleue’’ ivoirienne dite pro-Gbagbo n’est pas en reste. Dans sa parution de mercredi, elle semblait avoir la gueule de bois. “Mangou avoue sa traitrise et se ridiculise à la CPI’’, titrait la Voie Originale.

Les autres quotidiens de même obédience, plus philosophes, essaient de voir le verre à moitié plein“Procès de la recolonisation : Mangou confond le procureur’’, barre à sa Une Le Quotidien d’Abidjan.

SKO/ ALERTE INFO

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