Acteur, maquilleur, danseur, décorateur, ce sont là autant d’aptitudes qui font de Toussaint Ehoussou Kouamé, jeune ivoirien de 33 ans, un artiste pluridimensionnel et une valeur montante du cinéma en Côte d’Ivoire.

“Mon rêve le plus ardent est de faire le tour du monde avec mon talent”, voilà ce que répond Toussaint avec son inaltérable sourire, la voix empreinte d’une émotion manifeste, à la question de savoir quel est son plus grand rêve dans la vie.

Ce rêve, cela fait des années déjà qu’il l’entretient et y travaille avec passion.

C’est le 22 novembre 1984 que Toussaint, célibataire et sans enfant, troisième enfant d’une famille qui en compte six, voit le jour à Abobo, deuxième commune la plus peuplée d’Abidjan.

A Abobo, en classe de 5e, il découvre le théâtre au sein de la troupe chrétienne El Shaddai. De là naît sa passion pour l’art théâtral.

Une passion qu’il entend professionnaliser à l’obtention de son bac D en 2005, en s’inscrivant à l’Institut national supérieur des arts et de l’action culturelle (INSAAC), mais son choix n’enchante pas ses parents, surtout sa mère.

Devant son insistance et sa détermination, ses parents finissent par céder mais sa mère pose une condition : il devra s’inscrire à l’université en plus de l’INSAAC. Ce qu’il accepte.

Il est admis au concours d’entrée à l’INSAAC, en arts dramatiques et chorégraphiques, à l’école nationale de théâtre et de danse. Et dans le même temps s’inscrit à l’université de Cocody en arts du spectacle, option cinéma.

A l’INSAAC, à partir de la deuxième année, en 2007, il se spécialise en danse. Cette année-là, sa compagnie artistique remporte le premier prix à Ymalé Festival de feu Marie-Louise Asseu, et lui, est auréolé du prix de meilleur acteur.

Son prix de meilleur acteur lui ouvre la porte du cinéma à travers la série “Un mari pour deux sœurs”, produite par Mme Asseu. Il y joue le rôle de Ismael, un jeune musulman adepte des jeux de hasard.

Pour Toussaint, ce ne fut si “compliqué” de passer du théâtre au cinéma car, comme il l’affirme, “tout bon comédien peut devenir un bon acteur”.

N’empêche qu’au tournage de ce premier rôle au cinéma, il est pris d’un “très gros trac”, somme toute naturelle.

Au fil des répliques, il commence à percevoir les nuances entre le théâtre et le cinéma. A ses “grands gestes” au théâtre se substituent des “gestes plus subtils” au cinéma. Jouer dans cette série aves des “doyens” du théâtre et du cinéma ivoirien, est pour lui une “formidable expérience”.

Ce sont justement des doyennes comme les Ivoiriennes Adrienne Koutouan et Marie-Louise Asseu, qui par leur “facilité à embrasser les personnages, à retenir et rendre leur texte”, l’ont particulièrement impressionné dans sa jeunesse, lui donnant envie de faire du cinéma.

A la suite d’”Un mari pour deux sœurs”, il enchaîne avec un appétit sans cesse grandissant, les rôles dans des séries (L’équipe ; Le grin ; National Security…) et long métrage (Une mosquée à vendre).

Parallèlement à sa carrière d’acteur, voire indissociablement de celle-ci, Toussaint fait du maquillage. Maquillage de scène, maquillage de cinéma, un art pour lequel il a commencé à développer un goût prononcé à partir de la 4e année à l’INSAAC.

Maquilleur sur la série “Les invisibles” (2017) ; maquilleur en chef de l’émission concours télévisé “Coiffure Kitoko” produite par la chaîne A+ (2017) ;  maquilleur dans la série policière “National Security” (2016) ; maquilleur en chef de la série “Conakry” (2015) ; professeur vacataire de maquillage à l’INSAAC (2014)… ses expériences artistiques en la matière sont légion.

Toussaint Kouamé, “L’Artiste”, comme il se fait affectueusement appelé, est suivi pars des milliers de fans sur Facebook, qui ne tarissent jamais d’éloges devant son “professionnalisme au cinéma” et ses “maquillages effets spéciaux bluffants”.

Il garde cependant la tête froide, focalisé sur son objectif de toujours : “vivre sa passion du cinéma et du maquillage, se perfectionner, et conquérir le monde”.
RKO/ALERTE INFO