Bingerville

La Journée internationale de la jeune fille célébrée au lycée Mamie Fêtai de Bingerville

Bingerville, 13 oct – Le ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, a célébré mercredi, au lycée Mamie Fêtai de Bingerville, l’édition 2017 de la Journée internationale de la jeune fille en collaboration avec le ministère de la Femme, de la Protection de l’enfant et de la Solidarité, sous le thème du renforcement du pouvoir de la fille dans la lutte contre les violences faites aux filles, avec l’appui financier de l’UNICEF.

La chef de la communication de l’UNICEF, Sophie Chavanel, a dépeint la situation, peu reluisante, dans le monde et en Côte d’Ivoire de la jeune fille. « Que ce soit en Côte d’Ivoire, que ce soit en Afrique, que ce soit à travers le monde, on constate que les probabilités, pour que les jeunes filles subissent des violences psychologiques ou physiques sont plus grandes que pour les garçons. Les jeunes filles encore de nos jours ont moins accès à l’école que les garçons. Il y a moins de filles qui terminent leurs études, qui obtiennent leurs diplômes. Il y a un retard », a-t-elle déploré.

En Côte d’Ivoire, malgré l’adoption en 2015 de la loi sur la scolarisation obligatoire de tous les enfants âgés de six à 16 ans, les disparités entre filles et garçons continuent d’entraver l’accès et le maintien des filles à l’école. Selon l’enquête démographique et santé (de 2012, le taux de scolarisation des filles au primaire est de 64%.

L’étude nationale sur la situation des enfants adolescents en dehors de l’école élaboré en 2015 par l’UNICEF, l’ENSEA, et ministère de l’éducation, sur un total de 3 549 087 enfants de six à 11 ans en âge d’être scolarisés, 1 265 310 sont en dehors de l’école avec environ 51% de filles.

Au plan de la santé, la prévalence au VIH/SIDA chez les adolescents reste problématique malgré les efforts enregistrés dans la lutte. Chaque jour, cinq adolescents dont trois filles sont infectés.

En ce qui concerne les formes de violence notamment sexuelle, elle est présente dans les foyers, les écoles et dans la communauté. Une récente étude sur le bien-être et la sécurité des enfants à l’école (MENET-UNICEF, 2016) fait état de 34% de filles au niveau primaire et de 34,5% au secondaire qui ont été exposées à des violences basées sur le genre y compris les violences sexuelles qui ont eu pour conséquences l’abandon scolaire pour certaines d’entre elles.

Cependant, à en croire Mme Chavanel, les jeunes filles peuvent changer leur situation en ayant « le courage de prendre la parole, de faire des choix pour elles-mêmes, de s’imposer et de poser des actions positives dans leurs communautés ».

Pour le proviseur du Lycée Mamie Fêtai, Mme Dao Madona, la célébration de la Journée internationale de la jeune fille est une source de réflexion sur la condition de la femme car « les femmes, malgré le niveau d’étude qu’elles peuvent avoir, sont perçues souvent comme des personnes qui n’ont pas assez de qualités ».

Cette commémoration de la Journée internationale de la jeune fille a été marquée, entre autres, par trois panels animés par des femmes chefs d’entreprises et des athlètes notamment Marie-Josée Ta Lou, qui ont partagé leurs expériences avec leurs jeunes sœurs afin de susciter un déclic chez ces dernières.

sn/aaa/kam/AIP

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