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A l’ère du numérique, le journalisme continue d’être la cible d’attaques, selon l’UNESCO

L’UNESCO déplore la perpétuation des attaques contre les journalistes

Photo : AIP

Abidjan, 09 nov (AIP) – Partout dans le monde, le journalisme est la cible d’attaques, annonce le dernier rapport sur les ‘’Tendances mondiales en matière de liberté d’expression et de développement des médias’’ présenté lundi, par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).

Alors que les gens sont plus nombreux que jamais à avoir accès à des contenus d’information, la polarisation politique associée aux évolutions technologiques a favorisé la propagation rapide des propos haineux, de la misogynie et des « fausses nouvelles » non vérifiées, menant souvent à des restrictions disproportionnées de la liberté d’expression.

La nouvelle étude de l’UNESCO dresse non seulement la cartographie des principales transformations qui ont affecté la liberté d’expression et le développement des médias dans le monde entre 2012 et 2017 – une période traversée par de profonds bouleversements sociaux, politiques et technologiques – mais lance un appel sans équivoque à agir pour relever les défis nouveaux et persistants.

Une liberté d’expression restreinte par des préoccupations de sécurité nationale, des états d’urgence et des lois antiterroristes

Le rapport montre que les mutations politiques, technologiques et économiques rapides intervenues entre 2012 et 2017 ont soumis la liberté des médias à des tensions nouvelles. L’apparition de formes inédites de populisme politique ainsi que de ce qui a été considéré comme des politiques autoritaires, ont constitué d’autres évolutions majeures.

Usant de différents prétextes, notamment la sécurité nationale, des gouvernements exercent une surveillance de plus en plus étroite et exigent le retrait d’informations publiées en ligne, lesquelles dans de nombreux cas ne concernent pas seulement des propos haineux et des contenus prônant l’extrémisme violent, mais également ce qui est jugé comment relevant de positions politiques légitimes.

La place centrale qu’occupe de plus en plus Internet dans les communications, de même que le rôle et l’influence des puissantes platesformes transnationales du Web ont retenu l’attention des tribunaux et des gouvernements cherchant à réglementer ces intermédiaires, ce qui présente des risques pour l’expression en ligne.

530 journalistes tués entre 2012 et 2016

Dans un nombre de pays toujours plus grands, les journalistes sont exposés à des agressions physiques et verbales qui menacent leur capacité de diffuser des nouvelles et d’informer le public. Entre 2012 et 2016, 530 journalistes ont été tués, ce qui représente deux décès par semaine en moyenne.

En raison de la poursuite des combats et d’un climat d’instabilité persistant, les meurtres de journalistes dans certaines parties de la région arabe restent nombreux. Après un pic en 2012, la région Afrique a connu un recul important des meurtres de journalistes.

L’impunité des crimes contre les journalistes reste la norme, la justice n’intervenant que dans un cas sur dix. Toutefois, les États membres ont montré une grande réactivité aux demandes d’informations de l’UNESCO sur l’état d’avancement des enquêtes judiciaires concernant les meurtres de journalistes, 70 % ayant répondu de façon plus ou moins détaillée en 2017.

« Nous ne devons jamais oublier que la liberté d’expression est un droit humain fondamental, un bien public indispensable et un élément essentiel du développement durable pour tous », a déclaré la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, dans l’avant-propos du rapport, rappelant que l’Objectif de développement durable 16 met en avant l’importance de garantir l’accès public à l’information et protéger les libertés fondamentales pour créer des sociétés du savoir justes, inclusives et pacifiques.

(AIP)

aaa/fmo

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