Caméroun

08 Février 2018 – La nomination des membres du Conseil constitutionnel à la une des journaux camerounais

APA-Yaoundé (Cameroun) – La nomination, la veille par décret présidentiel et pour un mandat de 6 ans, des 11 membres du Conseil constitutionnel, fait la principale manchette des journaux camerounais parus jeudi.

«Conseil constitutionnel : c’est enfin là !» s’exclame le bihebdomadaire L’Anecdote, se souvenant que l’instance, qui en passant ne compte qu’une femme, est attendue depuis la Loi fondamentale révisée du 18 janvier 1996.

C’est la fin du suspense, confirme le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune, pour qui le chef de l’Etat vient ainsi de doter le Cameroun «d’un précieux outil de consolidation de la démocratie», dont les décisions ne sont par ailleurs susceptibles d’aucun recours.

«Conseil constitutionnel : le 11 entrant» est le titre qui barre la couverture du quotidien à capitaux privés Mutations, qui dresse le portrait des «Sages» et conclut qu’avec cet acte du chef de l’Etat, ce sont désormais tous les organes de transition qui sont en place.

«11 Sages pour une République exemplaire», acquiesce Baromètre communautaire, pour qui cette instance est pourvue au moment où le débat sur la constitutionnalité des Accords de partenariat économique (APE) avec l’Union européenne, les accords de défense avec la France ou encore la levée du verrou sur la limitation des mandats présidentiels, intervenue en 2008, semble clos.

Il y a dans cette affaire comme la préparation, par Paul Biya, d’une vacance de pouvoir, souffle, perfide, Le Messager qui rappelle que ladite instance veille à la constitutionnalité des lois, des traités et accords internationaux, des règlements intérieurs de l’Assemblée nationale et du Sénat, arbitre les conflits d’attributions entre les institutions de l’Etat, entre l’Etat et les régions; entre les régions.

L’article 48 stipule que le Conseil constitutionnel, ajoute la publication, veille à la régularité de l’élection présidentielle dont il proclame les résultats, des élections parlementaires ainsi que des consultations référendaires.

Pour Le Quotidien de l’Economie, Paul Biya vient une fois de plus de procéder à un «recyclage des caciques» de son système gérontocratique, avec à sa tête un homme de 77 ans et qui, dans le cadre de sa reconversion, a reçu officiellement ses attributs d’avocat au Barreau du Cameroun le 23 septembre 2015.

«Paul Biya ressuscite Clément Atangana», confirme InfoMatin : le président du Conseil constitutionnel, admis à faire valoir ses droits à la retraite en 2014, est remis en selle à la faveur d’un décret présidentiel rendu public le mercredi 7 février 2018.

Le magistrat hors-échelle de premier groupe, détaille le journal, est surtout considéré comme une personnalité devenue aigrie, qui n’arrêtait pas de se plaindre : physiquement amorti, l’ancien président de la chambre administrative de la Cour suprême, ci-devant rapporteur général des votes au terme de scrutins souvent contestés, admis à faire valoir ses droits à la retraite depuis 2014, n’espérait plus.

Au-delà de ces nominations, relève The Guardian Post, le chef de l’Etat a également pris un décret portant convocation du corps électoral le 28 mars prochain pour les sénatoriales.

FCEB/cat/APA

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