Afrique du Sud

Jacob Zuma, partira ou ne partira pas ? (Synthèse)

Poussé de toutes parts vers la sortie, Jacob Zuma résiste toujours

Photo : AIP

Abidjan, 12 fév (AIP) – Partira ou ne partira pas ? En Afrique du Sud, le Président Jacob Zuma est de plus en plus contesté. La question de sa démission fait débat jusqu’au sein de l’African National Congress  (ANC), son propre parti, dont une partie des cadres l’a encore appelé, le 4 février, à démissionner.

Même s’il s’obstine à rester au pouvoir, le Président Zuma, présent à Pretoria, ne fait plus d’apparitions officielles, et pour la première fois dans l’histoire du pays, un discours annuel qu’il devrait prononcer jeudi devant le parlement a été reporté sine die.

M. Cyril Ramaphosa, le nouveau patron de l’ANC depuis le 18 décembre, pressenti pour lui succéder à la tête de l’Etat, tente d’obtenir au plus vite son départ, mais les négociations directes entamées mardi coinceraient sur les modalités de ce départ.

Jacob Zuma, englué dans de nombreuses affaires de corruption et qui doit inévitablement faire face à la justice de son pays, l’une des plus indépendantes du continent, aurait demandé que l’Etat prenne en charge ses frais de justice après sa démission. Chose que peut difficilement concéder son interlocuteur, qui a fait campagne contre la corruption, au risque de se discréditer.

Selon les analystes, M. Ramaphosa, soucieux de préserver l’unité du parti, a finalement bien peu de marges de manœuvre face à la résistance d’un Jacob Zuma dont le maintien jusqu’au terme de son mandat risque de ternir l’image du parti et lui occasionner des contreperformances aux élections générales de 2019.

La perte du contrôle des mégapoles de Johannesburg et de Pretoria par l’ANC aux élections municipales de 2016 a été attribuée aux déboires judiciaires de M. Jacob Zuma, rappelle-t-on.

A l’entame de ces discussions au sommet de l’ANC, les détracteurs du président sud-africains avaient pensé que son départ interviendrait très rapidement, d’autant plus qu’il n’a plus le soutient total de son parti qui lui a permis de déjouer huit motions de défiance déposées par l’opposition.

Mais une semaine après, les discussions semblent avancer plus lentement que prévu. Dimanche matin, à l’occasion d’un hommage à Nelson Mandela, au Cap, M. Ramaphosa a encore pris rendez-vous avec le temps, en expliquant à des partisans quel peu impatients, que le Comité exécutif de l’ANC, est le seul organe du parti à pouvoir demander la destitution du chef de l’État et à pouvoir valider sa démission.

Ce comité devrait en principe se réunir lundi, a-t-on appris dans la foulée.

Mercredi déjà, une réunion spéciale de cette instance qui laissait présager le règlement de la question a été annulée à la dernière minute, preuve que M. Zuma, bon manœuvrier, porte encore bien son surnom d’insubmersible.

En embuscade, l’opposition, incarnée par l’intrépide Julius Maléma, affirme qu’elle est prête à obtenir cette démission si l’ANC n’y parvenait pas. Elle a déposé une nouvelle motion défiance qui devrait être examinée par le parlement le 22 février.

Jacob Zuma, 76 ans, est une grande figure de la lutte anti-apartheid. Membre très actif de l’aile gauche du l’ANC, il a été emprisonné durant dix ans à la prison de Robben Island, aux côtés de Nelson Mandela. Libéré en 1973, il part en exil d’où il continue son militantisme à l’ANC.

De retour au bercail en 1990, dès de la légalisation du mouvement, cet autodidacte (il a appris à lire en prison) va connaître une ascension politique fulgurante et devenir président du parti et président de la République sud-africaine le 9 mai 2009, après avoir contribué à pousser Thabo Mbéki à la démission.

(AIP)

kaem/fmo

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