Sécurité

Discrète présence des forces de sécurité ivoiriennes sur les plages de Bassam, deux ans après l’attaque armée du 13 mars (REPORTAGE)

Photo : Alerte Info

Abidjan, 12 mars 2018 -[ALERTE INFO]- Sous l’une des dizaines de tentes recouvertes de feuilles de palme sèches, en bordure de mer, à Grand-Bassam, près d’Abidjan, des centaines d’élèves d’un collège d’enseignement privé dansent aux rythmes des musiques urbaines ivoiriennes, deux ans après l’attaque armée du 13 mars 2016, revendiquée par Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI).

Insoucieux et joyeux, ces élèves, filles et garçons, en tenues de plage courent dans tous les sens, sous un soleil de plomb, avant de se jeter à la mer, sous le regard observateur de deux agents de la police maritime de Côte d’Ivoire, en tenue civile, assis sous un autre tente pas loin.

“Il y a trois mois, lorsque nous avons programmé cette sortie détente, certains de nos élèves n’ont pas caché leur peur, parce qu’elle coïncidait avec (le 13 mars), la date anniversaire des événements terroristes qui ont endeuillé le pays (en 2016), ici même où nous nous trouvons, près de l’hôtel, l’Etoile du Sud (l’un des sites de l’attentat)”, confie le directeur des Etudes de cet établissement, Jean Gnanlé.

“Après, les autorités de Bassam nous ont assuré que la plage est sécurisée. Nous avons eu confiance, cette peur s’est dissipée et nous sommes venus”, ajoute-t-il, avant de rejoindre sa table garnie de nourritures et boissons.

Comme ces adolescents, plus de 500 personnes, dont des bébés enfants, dans leur petit maillot de bain pataugent dans l’eau avec leurs mères, aux côtés de quelques couples d’amoureux qui discutent en riant aux éclats.

Parmi eux, des dizaines d’expatriés, dont Eric, un français trentenaire, pour qui “cet attentat fait partie du passé”.

“Je ne suis pas inquiet d’être sur cette belle plage de Bassam. Les gens sont sympathiques, je prends du bon temps, surtout que la sécurité a été renforcée avec des agents postés un peu partout”, explique-t-il en mangeant un morceau d’ananas qu’il vient d’acheter chez l’une des nombreuses vendeuses ambulantes.

Depuis la fusillade du 13 mars 2016, par trois individus armés du groupe AQMI, ayant fait une trentaine de victimes de plusieurs nationalités, les plages de l’ancienne capitale de la Côte d’Ivoire, et patrimoine mondial de l’Unesco, sont gardées par des agents de la police nationale, de la police maritime et des Forces spéciales qui effectuent des patrouilles, surtout les week-ends.

Au pied du pont de la victoire, l’unique voie d’accès menant au quartier France et à la plage de cette cité balnéaire, un véhicule, 4×4 de la police nationale est stationné à l’ombre de la stèle en hommage aux morts de la fusillade. Non loin, des policiers fouillent les coffres des Voitures.

Devant cette stèle de marbre gris, de plus de deux mètres de haut, sur laquelle sont gravés les noms des victimes, une gerbe de fleurs asséchée dans son emballage, vacille au gré du vent, sous le regard lointain de quelques passants.

Parfois, certains d’entre aux n’hésitent pas à s’arrêter, pour chanter l’hymne national de la Côte d’Ivoire, avec des visiteurs qui choisissent de marquer une halte devant ce monument, devenu le symbole d’un jour noir.

Ange TIEMOKO

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