Culture

Hoba Jean explique les origines du Popo carnaval de Bonoua

Le commissaire général honoraire du popo carnaval ,Jean Hoba

Photo : AIP

Abidjan, 06 avr (AIP)- Hoba Jean, premier adjoint au maire de Bonoua et commissaire général honoraire du Popo Carnaval explique, dans un entretien avec l’AIP, les origines de cet évènement.

Le mot Popo, révèle Hoba Jean, provient de l’onomatopée du bruit que faisait le masque lors qu’on y donnait des coups.

Le Popo Carnaval, explique le premier adjoint au maire, est venu de la découverte, au Ghana voisin, par des populations Abouré, originaires du quartier Bégnéry de Bonoua qui s’y étaient rendues avant l’indépendance de la Côte d’Ivoire, de blancs britanniques portant des masques laids et hideux avec lesquels ils créaient de la distraction en effrayant des populations.

Intéressés par ces masques, ils en achetèrent. Une fois à Bonoua, les détenteurs de ces masques les portaient , se couvraient tout le corps pour ne pas être reconnus, allaient voir des amis et créaient une un jeu de devinette. Ils demandaient aux amis de trouver l’identité de celui qui se cachait derrière le masque. Celui qui voulait que le popo dévoile son identité devait leur remettre une modique somme, précise notre interlocuteur.

Plus tard, le Popo servira à effrayer les enfants récalcitrants ou à fouetter le courage des paresseux parmi eux. Ainsi on menaçait d’appeler le Popo lorsqu’un enfant se faisait désobéissant ou refusait de travailler.

En 1970, les cadres de Bonoua se sont donc intéressés à la chose, trouvant en ce jeu une belle opportunité en vue de la création d’un évènement culturel. Célestin Amon, Ettia Félix, Améthier Jean Baptiste, Albert Hoba, Venance Kacou pour ne citer qu’eux, organisèrent le premier Popo carnaval qui fut un échec au plan financier puisque les organisateurs se sont retrouvés avec des dettes, explique Hoba Jean, rendant hommages à ces pionniers.

Frappés par le découragement après cette malheureuse aventure, ils voulurent abandonner. Cependant l’un d’entre eux, Célestin Amon décide de reprendre la chose en 1973, a-t-on appris.

C’est depuis cette date que le Popo est continuellement organisé, se réjouit notre interlocuteur qui se émerveillé par l’internationalisation de du carnaval dont le lancement de l’édition 2009 a eu lieu à Paris, à l’invitation de certains cadres de Bonoua résidant dans la capitale française.

Hoba Jean a été commissaire général du Popo carnaval pour les éditions de 2008 et 2009.

(AIP)

akn/fmo

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