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Des journalistes ivoiriens découvrent les ravages silencieux de la rage

Les participants à la formation des journalistes sur la rage par le CSRS, le jeudi 17 mai 2018, autour du DG Bassirou Bonfoh (au centre)

Photo : AIP

Abidjan, 18 mai (AIP) – Problème de santé publique, la rage est une maladie virale silencieuse transmise principalement, mais pas seulement, par le chien, qui cause, en Côte d’Ivoire, une moyenne annuelle de 18 décès dont 60% en milieu rural, selon des chiffres révélés jeudi lors d’une formation organisée à Adiopodoumé (Songon), à l’intention de journalistes ivoiriens par le Centre suisse de recherche scientifique (CSRS).

Cette prévalence est établie en dépit des connaissances scientifiques, très avancées, de l’évolution de la rage et des moyens pour s’en prémunir et s’en protéger, avant les premiers symptômes dont l’apparition après morsure ou griffure conduisent à 100% à la mort du mordu, à l’issue de la phase d’incubation d’un à trois mois.

Ces chiffres sont de 59 000 décès annuels dans le monde (un mort toutes les neuf minutes) dont 40% d’enfants de cinq à 14 ans dans 150 pays, l’Afrique et l’Asie se partageant à 95% du nombre de cas. Ils ont été annoncés à la veille de la restitution, ce vendredi, des résultats d’une étude menée sur le terrain à San Pedro et à Bouaké pour récolter les bases de données en prélude à l’élaboration d’une stratégie nationale d’éradication de la rage avant 2030.

Aux journalistes, Dr Mathilde Sopi Tétchi, chef de service du Centre antirabique de l’Institut national de l’hygiène publique (INHP) et Dr Kessaly Kallo, de la Direction des services vétérinaires, ont présenté les rages animale et humaine et insisté sur les mesures préventives avant et dès après morsure, pour empêcher le virus d’atteindre le cerveau, phase ultime à l’issue de laquelle apparaissent les premiers symptômes irréversibles, aussi bien chez l’animal que chez l’homme.

La phase d’incubation étant en moyenne d’un mois, le mordu doit recevoir dans le plus bref délai une certaine dose de vaccin et l’animal mordeur ou griffeur, chien ou chat, mis en quarantaine pendant 15 jours, pour attester qu’il est enragé ou pas, en suivant les protocoles (Essen ou Zagreb).

Une révolution devrait bientôt amoindrir les coûts du vaccin (8000 FCFA la dose, actuellement) à travers une nouvelle stratégie recommandée par l’OMS, mais pas encore adoptée, élaborée par la Croix rouge de la Thaïlande. Un cycle complet de traitement, après morsure d’un chien enragé équivaut à un minimum de 40 000 FCFA, un chien enragé pouvant causer d’énormes dégâts dans son environnement, au très grand préjudice d’un propriétaire, s’il attaque plusieurs personnes.

La responsabilité de son propriétaire étant engagée, plusieurs d’entre eux fuient la leur. Une action vigoureuse et volontariste des décideurs en vue de l’éradication du fléau, à moindre coût et à court terme est envisageable selon une études menée par le CSRS.

Mieux, les frais de prise en charge des personnes agressées pourraient considérablement baisser tout en éradiquant simplement le foyer de propagation que constitue la population des chiens errants ou en divagation, un objectif réalisable à l’horizon 2030, selon le directeur du CSRS, Pr Bassirou Banfoh.

Malheureusement, tous les cas de décès déclarés sont dus à la négligence des parents et propriétaires de canidés à qui la loi fait pourtant obligation depuis 1963 de vacciner leurs animaux domestiques de compagnie, ont déploré la virologue, Mathilde Sopi Tétchi, et le vétérinaire Kessaly Kallo.

En attendant l’élaboration et la mise en œuvre des mécanismes pour son éradication avant 2030, la vaccination des chiens, des enfants et de toute personne susceptible d’avoir un contact avec un chien, c’est-à-dire tout le monde, l’assainissement de l’environnement par l’enlèvement des dépôts d’ordures ménagères où se regroupent les chiens errants ou divagants qui s’y partagent le virus et la sensibilisation des populations sur les symptômes de la maladie chez un animal, sont fortement recommandées par le CSRS.

(AIP)

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