Mondial Fifa Russie 2018

L’heure du verdict sonne à Moscou

La fédération du Ghana, supporter incontestable du Maroc, est privée de vote à la dernière minute, pour des raisons présentées comme disciplinaires.

Photo : d'archives

APA-Rabat (Maroc) – Par Hicham Alaoui Demain mercredi 13 juin 2028, une journée cruciale pour l’attribution du Mondial 2026. Les yeux du monde entier seront rivés sur Moscou où se déroulera le vote pour désigner le pays qui abritera la Coupe du monde 2026. Deux candidatures sont en lice : le trident USA-Canada-Mexique et le Maroc, qui se porte candidat pour la 5ème fois après 1994, 1998, 2006 et 2010.

En effet, la réunion de la FIFA commencera par une présentation de 15 minutes du dossier américain, avant que la délégation marocaine ne défende le sien. Par la suite, les représentants des autres pays auront droit à plus d’explications sur tel ou tel point du dossier avant de procéder au vote final.

211 fédérations affiliées sont en principe éligibles au vote. Les fédérations des 4 pays candidats n’auront pas le droit de voter. Il restera 207 fédérations. Parmi les 207, le Guatemala qui était sanctionné et n’avait pas le droit de voter. Mais il a été rétabli in extremis dans ses droits il y a une dizaine de jours. Il votera United 2026. Par contre, la fédération du Ghana, supporter incontestable du Maroc, est privée de vote à la dernière minute, pour des raisons présentées comme disciplinaires.

Il reste donc 206 pays qui devraient voter. Aujourd’hui, la FIFA a tranché en excluant 4 fédérations à voter, en raison d’un conflit d’intérêts: Samoa américaine, Guam, Porto-Rico et les Iles vierges. Ces territoires dépendent directement des États-Unis et du coup, leurs fédérations de football également. Ce qui n’est pas permis par la procédure de vote de la FIFA. Dans une élection où chaque voix compte, le comité Maroc 2026, qui a eu la bonne idée de signaler cette anomalie, aurait donc obtenu gain de cause. Et donc 202 fédérations qui auront le droit de voter.

A la veille du vote, chaque camp compte ses voix, ses alliés, ses amis, alors que les « dirty tricks » sont pratiqués à une grande échelle et que tout est mis en œuvre pour empêcher les défections ou, au contraire, les favoriser.

Le Comité Maroc 2026 a réalisé un travail excellent pour la promotion du dossier marocain. Des tournées dans les différents coins du globe ont été effectuées par les membres du Comité pour expliquer au détail la portée de la candidature marocaine, placée sous le slogan de relever le challenge d’organiser une manifestation planétaire de grande envergure qui se déroulera à partir de 2026 sous un autre format avec la participation de 48 pays. D’où la lourdeur de la tâche qui requiert immanquablement un dossier solide, compétitif et consistant.

D’emblée, le dossier marocain n’a pas démérité. La notation qui lui a été attribuée par la task force de la FIFA était de 2,7/5, ce qui le rend éligible pour la compétition contre ce géant de United 2026 qui a été hautement apprécié de la note de 4/5.

Si certains présents à Moscou se répandent en propos pessimistes et défaitistes, d’autres considèrent que rien n’est acquis pour l’instant et que la candidature marocaine conserve toutes ses chances.

Les pays africains seraient avec le Maroc, ainsi que la plupart des fédérations européennes, (avec l’appui conséquent et fort de la France). Idem pour les pays arabes, mais la position de l’Arabie Saoudite ne serait pas très fraternelle, tandis que les Amériques, centrale et latine, encore soumises aux préceptes impérialistes, se rangeraient comme un seul homme derrière United 2026.

Resteraient les pays asiatiques, ceux de l’Océanie, pour lesquels le Comité marocain a fourni d’appréciables efforts, mais qu’on ne saurait placer pour l’instant dans un camp ou dans l’autre.

A cette heure, la seule attitude à observer est celle de l’optimisme et de la raison tout à la fois, c’est-à-dire d’apprécier le plus honnêtement possible, non pas des chances du Maroc de gagner la partie, mais de mesurer les conséquences d’un scrutin négatif pour le Royaume et celles d’une victoire lors de ce vote crucial.

Nonobstant, le fait que la FIFA, sous la férule d’Infantino penche plutôt pour la candidature tripartite au pour des raisons essentiellement financières, le Maroc, de toute façon, ne sortira pas vaincu de cette course à l’organisation de la Coupe du monde 2026.

Battus par le Qatar en 2010 pour l’attribution du Mondial 2022, les États-Unis sont bien décidés à obtenir leur revanche. Et ils détiennent eux aussi des forces incontestables: des stades grands et modernes, l’expérience de l’organisation de grands rendez-vous, et une organisation bien huilée pour gérer les discussions à trois.

Au-delà des considérations pratiques, le vote de mercredi sera aussi, quoi qu’en dise la FIFA, un vote « politique ». En avril, le président américain Donald Trump avait menacé les pays qui voteraient pour le Maroc: « Ce serait dommage que les pays que nous avons toujours soutenus fassent campagne contre la candidature nord-américaine. Pourquoi soutiendrions-nous ces pays quand ils ne nous soutiennent pas (y compris à l’ONU)? », avait-il tweeté.

Côté marocain, même s’il bénéficie du soutien de nombreux pays européens (dont la France), notamment en raison de sa proximité géographique, et africains, à l’appel du président de la Confédération africaine de football (CAF) Ahmad Ahmad, le Maroc a vu déjà des pays anglophones du continent africain faire défection dans leurs intentions au profit de son concurrent.

Pour renforcer ses chances, le Royaume présente sa candidature au nom de « tout le continent africain », arguant également de sa stabilité, de sa situation géographique – l’Europe est à deux pas – et de son fuseau horaire, par rapport au continent américain.

Enfin, il faut retenir les propos du président de la Fédération française de football (FFF), Noël Le Graët, qui, tout en soutenant ouvertement la candidature marocaine, a déclaré : «J’ai présenté une nouvelle fois la position de la France et les rapports amicaux que nous avons avec le Maroc, comme avec la plupart des pays africains. En disant que c’était peut-être le moment de rendre à l’Afrique ce qu’elle a donné au football européen».

En attendant le verdict qui tombera demain à Moscou, le Maroc peut toujours rêver et croire en ses chances.

HA/APA

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